« Tantra »
de
Daniel Odier
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Je souhaitais vous partager quelques ‘lignes’ du merveilleux livre de D.Odier
qui à travers une expérience personnelle,
initiation,
nous révèle l’essentiel du tantrisme ;
Cette ouverture totale du cœur de l’être,
moyen privilégié
pour s’accomplir et d’atteindre la plénitude.
Cette rencontre avec le divin, … avec nous
même !
L’auteur nous raconte avoir été constamment déchiré par
la
dualité corps/esprit.
Il ne voyait par conséquent pas
comment atteindre la sérénité tout en demeurant profondément ancré dans la réalité de la
vie.
Il ne se sentait pas une âme d’ascète et
ne se voyait pas non plus vivre dans une ‘grotte’.
Il voulait tout ;
la beauté, l’art, la chair, les émotions, …
et la spiritualité !
Il lui semblait que notre système de pensée occidental, fondé sur la séparation, le sacrifice, la faute originelle, la culpabilité et la souffrance ne pouvait répondre à son
attente.
Ainsi, se vu t-il chercher une voie qui cesserait de diviser les
aspirations, de cloisonner les quêtes,
pour utiliser la
fabuleuse énergie de la passion
enfin réconciliée avec le divin.
D’où recherche et découverte du tantrisme
shivaïte.
Le travail du tantrika, l’adepte tantrique, sera de dissiper les
obscurcissements illusoires d’où surgit l’ego qui établit les différences.
Il réalise alors la nature de son propre esprit, intrinsèquement
pur.
Dans une pensée duelle, nous imaginons Dieu hors de
soi
et dirigeons notre désir d’union vers
l’extérieur.
Dans la non dualité, la quête est inversée,
l’énergie mystique,est dirigée vers l’intérieur,
vers l’esprit.
Dans cette
perspective, les passions ne sont plus considérées comme antagonistes à la vie mystique.
La voie tantrique est ouverte à toutes la richesse de la nature
humaine qu’elle accepte sans restriction aucune.
La paix s’installant en nous lorsqu’on abandonne
l’effort,
la tension, le désir d’atteindre quelque
chose.
Chaque geste de la vie apportant au
quotidien
une joie incomparable.
Il ni a rien à atteindre hors de soi.
Nulle ascèse ne menant à un divin lointain.
Tout ce qu’on imagine ailleurs étant en
soi.
Lorsque ne subsiste ni la sensation de l’ego,
ni celle de la dualité, ni l’opération mentale qui nous fait dire « comme c’est ceci … , comme c’est cela … »,
lorsque rien n’est là pour limiter une expérience,
lorsque l’esprit retrouve la qualité de l’espace,
alors il s’agit d’un éveil.
A partir de maintenant, ‘tu’ n’es plus à la recherche d’un état
abstrait ou lointain,
tu ne recherches rien qui ne soit pas déjà en toi.
Cette capacité
d’émerveillement totale
est la substance même de l’éveil.
Si l’homme savait mieux qu’il est à lui-même Dieu, le paradis et l’enfer,
aucune illusion n’aurait de prise sur lui, rien ne pourrait restreindre sa Conscience.
« Devenir
un tantrika », c’est uniquement réaliser la nature fondamentalement pure et paradisiaque de la
Conscience
et la laisser envahir sa vie.
Lorsque cela se produit, aucun jeu sociale, aucune drogue, aucun
idéale limitatif ne peut venir s’inscrire dans la Conscience.
La base de la sadhana tantrique est de toujours attendre qu’un
nouveau voile se déchire sans quoi nos qualités spirituelles se figent.
Tout dans la nature ne cesse d’évoluer, de se transformer
infiniment.
Chercher un état stable, c’est se couper du
réel.
Tout est basé sur la respiration. On inspire, on expire, on suit le mouvement de l’univers, on entre, on sort, on s’ouvre, on se contracte, on s’étend, on se replie. Toute activité se fait sur ces deux modes et c’est leur parfaite compréhension, leur parfaite intégration dans la pratique qui permet à la Conscience de
respirer !
La Conscience
respire.
Dans le tantrisme
la première chose à faire pour lâcher prise est de ‘toucher’ les choses en pleine Conscience, dans l’ouverture totale du cœur, faire l’expérience du toucher, du contacte profond et sans
perturbation mentale avec les choses, avec l’Univers !
« L’extase, l’expérience continue du divin dans la
connaissance de notre propre nature, c’est notre état naturel.
L’enfant connaît cet état, il en jouit dés l’instant de sa conception. Ce n’est que sous la pression extérieure, l’éducation, l’amour souffrant des siens, qu’il perd peu à peu ses facultés, sa force, sa capacité de s’émerveiller,
sa confiance absolue en lui-même, son ouverture au monde, la libre éclosion de son Cœur.
Revenir à cet état enfantin est la porte qui rouvre le
Cœur.
La base du shivaïsme, c’est de toucher les 36 tattva
ou catégories de l’Univers.
C’est la base sur laquelle tout le tantrisme
repose.
(Ceux-ci pourraient être développé ultérieurement dans un
prochain article pour ceux que cela intéresserait.)
C’est la pleine Conscience du contact permanent avec les 36
tattva qui est la pratique tantrique. C’est l’engagement total de l’être à travers le tissus des diverses catégories qui constitue l’expérience
tantrique. (La vie n’est pas morcelée.)
Lenteur, régularité, harmonie des mouvements et déjà la
Conscience se met en place, le corps commence à jouir de la moindre chose, l’attention est alerte.
Nous ouvrons nos sens
à la plénitude.
La Conscience des 36 tattva c’est l’apprentissage de la
restauration complète de nos liens avec l’univers, en partant des éléments de base et en arrivant jusqu’au divin.
Il est indispensable de
palper la réalité du monde dans son intégralité sans quoi toute quête spirituelle est illusoire.
Etre intégralement présent à chaque chose qui traverse notre
Conscience, à la plus banale et la plus répétitive de nos expériences, est la porte de l’éveil.
Le tantrisme ne rejette rien, tous les processus corporels et
mentaux sont du bois que nous ajoutons au grand feu qui consume l’ego et nous fait entrer de plein pied dans l’absolu.
Dans le tantrisme,
l’intégralité de l’être humain est sans cesse mise en jeu sans faire de distinction entre le pur et l’impur, la beauté et la laideur, le bien et le mal.
Toutes les paires d’opposé se dissolvent dans le
divin.
Nous commençons à
communiquer avec le divin quand nous acceptons totalement le spectre complet de nos pensées et de nos émotions.
« Sans une connexion profonde avec les choses le Cœur ne
s’ouvre pas. »
La non communication avec les tattva est la matière avec
laquelle nous construisons notre solitude.
Aucune route ne mène au Soi, rien ne peut rouvrir la Conscience
tant que nous ne réalisons pas que nous avons tout en nous.
Le vrai Maître tantrique, ce n’est pas moi, ni nul autre, c’est
le Soi. Il n’y a rien à trouver au – dehors.
Tout le divin que nous cherchons au-dehors est en nous. Réaliser cela, c’est trouver la
liberté.
La connaissance divine ne procède pas par
accumulation.
Plus on entasse de savoir et d’expériences plus on paralyse sa
Conscience ! Il ne faut pas pour autant rejeter l’intelligence.
Il faut diriger le
regard vers le Cœur où se trouve le divin.
L’infini n’est rien d’autre qu’un respiration harmonieuse
délivrée de toute notion.
L’extase mystique, c’est cette déflagration soudaine du petit
moi qui reconnaît le Soi divin.
La vie est le
grand polisseur de l’éveil.
La fuir est fuir
l’accomplissement suprême.
Le tantrika est l’Univers.
Le tantrika plonge
dans le réel de tout son corps/esprit.
Il n’y a nul antagonisme dans la non
dualité.
Exemple, la méditation.
Tout effort pour réduire ou faire disparaître nos ‘turbulence’
(intrusion de la pensée) la renforce.
… « Les nuages font partie de la beauté du
ciel. Les étoiles filantes sont parties intégrante de la nuit. La nuit ne se dit pas :
« Voilà qu’une étoile filante vient interrompre ma paix ! » …
La méditation ne doit pas être là pour expérimenter des ‘états
de conscience modifiés’.
On médite uniquement pour percevoir par soi-même que tout est en
nous, …
Méditer, c’est être à
cent pour cent dans la réalité.
Il faudrait découvrir la liberté phénoménale de ne rien
attendre, de ne rien poursuivre, de ne rien anticiper, de ne former aucun projet.
Prendre un plaisir inconcevable à se laisser
être !
Le
Grand Yoga,
c’est de boire, de manger, de toucher, de voir, de marcher, de dormir, d’entendre, de rester silencieux, de parler, de rêver, d’aimer, de monter dans un bus, etc.
Sans jamais être séparé du divin qui est en
soi.
‘L’extase’ est l’état
naturel de l’homme et tout ce que nous créons comme obstacles à l’extase est l’état dictatorial dans lequel notre pensée
nous oblige à vivre.
En étant réellement présent, d’une manière continue, toute la
réalité devient une source de joie et de félicité.
L’essentiel est de ne
pas courir après l’extase.
Elle se produira
naturellement si notre présence au monde reste détendue, sans objectif et sans contrainte, libre, ouvert et léger.
… « Lorsque l’extase vient, prend-là, lorsqu’elle part, ne
t’inquiète pas. Si tu laisses le divin entrer et sortir à sa guise, il devient familier. Laisse-toi
être.
Sois ton propre Maître. Cesse toute recherche et tu seras dans la vérité ! »
…
En fait, il n’y a rien
à atteindre.
Tout est en constante mutation.
Se laisser être et se
laisser mourir lorsque le temps est venu voilà tout le sens de la vie, il n’y a rien d’autre à faire.
Tout relève de la liberté absolue.
Rien de figé, rien de lourd, rien de définitif. Aucune image fermée du divin, aucun dogme, aucune croyance.
L’expérience mystique doit trouver son accomplissement dans la vie
sociale.
La vie ordinaire est à la fois un Maître merveilleux et le baromètre constant de la réalisation
spirituelle.
Devenir une sorte
‘d’entonnoir’ où tout le réel viendrait se déverser.
Faire dés le réveil l’expérience de la pleine Conscience
est accessible à tous.
Chaque activité accomplie avec attention et avec calme laisse
une impression de plénitude qui va influer sur toute notre journée.
Tout l’art de la pratique tantrique est dans
le développement de cette présence au monde.
La paix, la tranquillité que procure l’expérience de la pleine
Conscience s’étendra progressivement et les circonstances extérieures difficiles ne seront plus perçues d’une manière aussi négatives.
Apprivoiser le vide et apprendre à en jouir et à en faire une
partie importante de notre quotidien. Lorsque nous n’en avons plus peur, il reste une liberté illimitée et fondamentale, celle de notre propre
esprit.
Castor