"Sur l'humilité"
Petite leçon.
Suite à la ‘rencontre’
avec
Eric Baret
et
l’émoi qui en résulte,
découverte magistrale,
bouleversante,
je n’ai pu résister malgré l’anecdotique de la démarche,
de vous joindre un extrait du livre ;
« Le sacre du dragon vert. »
Pour la joie de ne rien être.
Extrait.
« L’arrêt du questionnement n’est pas nécessairement une non-volonté d’aller vers quoi que ce soit.
Il ne faut pas cesser de questionner parce que l’on nous dit qu’en questionnant, nous allons vers quelque chose (de figé).
En ne questionnant pas, on peut rester encore dans une direction, dans un sens que l’on veut encore arriver à quelque chose.
Mais peut-on y arriver en ne questionnant pas ? »
C’est la vie qui nous questionne.
Questionner est un manque de perspective
vous informant qu’il y a un problème.
Notre corps va se faire remarquer.
Il n’y a rien à faire.
La vie se charge de dispenser le questionnement nécessaire.
Ce sont les choses qui vont vous solliciter,
c’est la vie qui vous appelle,
vous demande,
vous suggère,
vous supplie de regarder,
d’écouter.
Le corps, la sensation s’imposent naturellement.
La structure des os, des nerfs, tout éléments physiologique prend naissance
et est construit de ressenti.
Le monde est ressenti.
Vous n’avez absolument rien à faire pour sentir,
uniquement vous rendre compte que l’on camoufle,
que l’on bâillonne,
que l’on réfrène ce ressenti.
On vit dans une projection.
Le ressenti se réfère à l’instant.
Dans l’instant, il n’y a pas de direction.
C’est dans la non-direction que ce ressenti peu vraiment s’exprimer.
Quand on va quelque part ou que l’on vit dans la pensée,
le ressenti est limité.
Il s’agit uniquement d’attendre sans attendre, d’être disponible, cela permet au ressenti de continuer à questionner la vie.
Quand vous abdiquez le questionnement, c’est la vie qui vous questionne.
L’humilité
(quant on ne veut rien)
devient la base de toute transformation.
Toute démarche qui tente de mener quelque part ne peut que projeter le passé.
Dans certaines traditions, le concept de l’éveil n’est que projection du connu habillé de possibilités, de transformations, de rajeunissements infantiles.
C’est dans l’humilité (voir Eckhart) que l’on se rend compte que tout ce que l’on entreprend nous ramène toujours à l’origine de l’entreprise.
L’origine de l’entreprise, c’est le manque à combler.
Ce qui vient du manque ramène au manque.
Souvent, la pseudo-démarche spirituelle consiste à augmenter ses capacités physiques, psychiques et spirituelles selon la saveur de la culture où elle surgit.
Cette dilatation, qui est présentée comme étant essentielle, ramène toujours à un
état de manque.
Dans cette écoute dont nous nous parlons, on se rend compte que l’on fonctionne comme une machine, comme un système.
Un non-savoir n’anticipe pas un savoir, ne projette pas un savoir, il n’est pas un moyen non plus ; il y a seulement un regard étonné.
Alors ce que l’on appelle le monde, le corps, ne se relèvent plus de l’explication.
C’est le corps qui se révèle en vous.
Cette humilité est la base de toute perception.
La véritable orientation serait de percevoir que toutes les orientations ramènent à la mémoire,
que dans toutes les orientations,
c’est la peur
qui veut absolument se libérer, qui refuse constamment de faire face à l’instant !
Alors, on essaie d’arriver à l’éveil.
C’est une stratégie comme une autre.
… C’est dans l’état d’écoute
que se résout tout ce qui pourrait être conflictuel, objectif.
C’est un regard qui ne regarde pas ; toute la perception pointe vers ce
regard.
L’orientation est une conviction profonde que ce que l’on cherche ne se trouve pas
sur un plan objectif.
Prenons conscience de la tendance que nous avons à être toujours quelque part,
en train de faire des projets.
Quand on ne fait rien, quand on n’est rien, tout se fait.
Le corps, que l’on a constamment abusé,
commence à parler.
Pour qu’il parle, il faut être silencieux.
Tant qu’il y a direction, la direction bâillonne le corps.
Dans l’absence de direction, le corps redevient ce qu’il est :
un corps sans référence.
D’instant en instant, l’écoute corporelle n’a pas de passé, ni de futur.
… L’humilité, le pressentiment de la non-direction, c’est un non-événement.
Tout ce qui se passe fait partie de la mémoire.
L’origine de la recherche spirituelle est cette ouverture qui permet à la beauté de s’exprimer, de se développer.
C’est un non-savoir qui permet au savoir de s’épanouir dans l’espace/temps.
La recherche spirituelle, c’est l’expression de l’humilité.
La ‘pensée’ que cette ouverture, cette humilité résultent d’une démarche, tient de la caricature.
On ne peut pas acheter le silence, ni atteindre la joie !
Castor
PS.
Merci à Gina et Claudie pour la découverte du Maître et de son
yoga du cachemire.
Pour toutes informations et cours ;
« Le silence étant présence,
et la révélation du yoga ouverture à l’instant,
il se peut que, pratiqués libre d’intention,
ces exercices fassent résonner leur silence originel,
qui n’est autre que notre nature fondamentale. »
Eric Baret


















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